Boinmadig : Mille ans d'Histoire

Accueil » Boinmadig

L'histoire avant Boinmadig

Si la ville de Boinmadig n’est apparue qu’au 20ème siècle, ses origines remontent à bien plus longtemps. En effet, l’Histoire mentionne tout d’abord la province Aquitaine dans laquelle se trouve l’actuelle ville de Boinmadig qui fut créée lors de la conquête romaine de Jules César. Sous l’empereur Hadrien, Burdigala, nom latin de Bordeaux, devint la métropole de la seconde Aquitaine. La domination romaine a permis la construction en ces lieux de temples, théâtres, palais et aqueducs qui firent de la région une terre flamboyante et culturelle. Cette prospérité s’arrêta en 412 avec l’invasion des hordes barbares (Germains, Vandales, Wisigoths) qui se succédèrent un à un. Ces derniers déplacèrent la capitale aquitaine à Toulouse, amorçant par la même occasion le déclin de Bordeaux. En 507, Clovis, le roi des Francs est appelé au secours pour libérer la région des Wisigoths lors de la bataille de Vouillé. Deux siècles plus tard en 731, les Sarrasins s’emparent de Bordeaux, détruisant presque entièrement la ville par la même occasion. Quelques années plus tard, Charlemagne, à son retour d’expédition en Espagne, reconquit l’Aquitaine en faisant de Toulouse à nouveau la capitale.

Sur ces terres nouvellement conquises apparaitront alors plusieurs événements historiques qui façonneront l’Histoire de la ville de Boinmadig.

Boinmadig : Sur les traces d'Aliénor d'Aquitaine

Aliénor d’Aquitaine est née vers 1122 sur les terres qui deviendront par la suite Boinmadig. Également connue sous le nom d’Eléonore d’Aquitaine ou de Guyenne, Aliénor est la fille aînée de Guillaume et d’Aénor de Châtellerault. La légende dit que la future Reine de France et d’Angleterre serait née “à 30km à l’Ouest de Bordeaux entre Belin-Béliet et le Médoc”, soit exactement à l’endroit où se trouve actuellement le champs de maïs de Mr Lévêque, sur le chemin de promenade GR26 à Boinmadig. Sur cette terre, qui appartenait alors à son père le duc d’Aquitaine, se trouvait l’une des nombreuses résidences secondaires de la famille. Aliénor y reçu une éducation soignée d’une femme noble et raffinée du XIIe siècle. Dans les nombreux ouvrages qui lui font référence, l’enfance d’Aliénor est marquée par une sensibilité accrue à la beauté des paysages de sa ville de naissance. Elle y passe la plupart de ses journée, accompagnée de ses tuteurs qui, en plus du latin, de la musique et la littérature, lui apprennent l’art de l’équitation et de la chasse. On raconte qu’Aliénor est tellement attachée aux terres du futur Boinmadig que lorsqu’elle devient Reine de France, elle fait de sa résidence de naissance son lieu de repos dans laquelle elle se rendra avant chaque décision importante de sa vie.

Aliénor d'Aquitaine est née sur les terres de Boinmadig
Aliénor d'Aquitaine est née sur les terres de Boinmadig
Château de Madig à Boinmadig
Le château de Boinmadig construit en 1056

Le château de Boinmadig

En 1056, Aldebert de Malefète, fidèle du roi Louis Vi dit le Gros, fait bâtir sur ses terres une forteresse sous le nom de Château de Montmirail. Le château fort est construit sur les hauteurs de Boinmadig afin de lui conférer un avantage stratégique en cas d’attaque ennemi. Composé de 3 tours avec meurtrières, de barbacanes, d’une douve de 7 mètres de profondeur avec pont-levis et de remparts, la forteresse est surnommée “l’imprenable”. En 1115, Geoffroy Amaury de Malefète, comte de Montmirail et fils du seigneur de Malefète devient propriétaire du château à l’âge de 10 ans, à la mort de son père. En 1123, après une période inconnue pendant laquelle la légende raconte qu’il aurait “subitement disparu dans un autre espace-temps” pendant 19 jours, il se marie avec Frénégonde de Pouille, sa promise. Les épousailles se déroulent au château de Montmirail, avec comme invités d’honneur Guillaume et Aénor de Châtellerault accompagnés de leur fille Aliénor d’Aquitaine, alors âgée d’un an. Jacquouille de la Fripouille, écuyer du comte de Montmirail, devient témoin officiel pour “extraordinaire fidélité lors d’aventures hors du temps”, tel qu’annoncé par Godefroy lors de son discours de mariage.

Au fil du temps, la forteresse imprenable résiste aux nombreux assauts d’envahisseurs, notamment lors de la fameuse bataille du Gabas, du nom de l’actuelle rivière traversant Boinmadig. En 1568, le château est partiellement détruit lors de la bataille affrontant les anglais avec l’armée du roi de France. Laissé à l’abandon pendant 48 ans, le Duc des Landes entreprend la restauration totale du château en 1612 et lui apporte des modifications modernes. Le pont-levis est remplacé par un long rempart, la toiture est refaite, les murs sont réhaussés pour lui donner une allure plus noble. 

En 1936, le château de Montmirail devient la propriété des Ducourt, une famille de noble ayant fait fortune dans le commerce du vin. En 1947, pour remercier les habitants de la ville pour leur implication dans la Résistance, les Ducourt décident de lui donner un nouveau nom en le baptisant le château de Boinmadig. En 1992, Jean Ducourt ouvre les portes du château de Boinmadig aux touristes et le fait classer patrimoine historique. Tous les ans, le château est visité par plus de 25 000 personnes, devenant ainsi l’attraction historique principale de Boinmadig. Vous pouvez le visiter en achetant vos tickets d’entrée sur le site des monuments de la ville.

La Peste Noire à Boinmadig

La Peste Noire a été la pandémie la plus dévastatrice de l’histoire de l’humanité. Elle a tué environ 75 à 200 millions de personnes et a dévasté la population européenne d’environ un tiers. La Peste Noire a également eu un impact significatif sur l’histoire de la ville de Boinmadig. La peste atteint l’Aquitaine le 10 octobre 1348 et tue plus de la moitié de la population de la région en 6 mois. Bordeaux a été l’une des premières villes à être touchée par la peste, et on pense que c’est parce que c’était une ville portuaire avec de nombreuses routes commerciales depuis l’Angleterre, qui a été l’un des premiers pays à être touché par la peste. La région Aquitaine est également un lieu de stockage de blé et de maïs. Les immenses silos attirent les rongeurs infectés par le bacille, la bactérie à l’origine de la pandémie, qui contaminent ensuite les êtres humains par l’intermédiaire de leurs puces. Dans 60% des cas, la peste noire, ou bubonique, entraîne la mort après à peine 7 jours d’atroces douleurs.

La Peste Noire a tué la moitié de la population en Aquitaine
La Peste Noire a décimé de moitié la population aquitaine
La Révolution Française a eu lieu proche de Boinmadig
La Révolution Française de 1789

La Révolution Française à Boinmadig

Jusqu’à 1789 et le début de la Révolution Française, la région Aquitaine et notamment la ville de Bordeaux connaît son second apogée. La proximité de la ville avec l’océan et son accès direct via son port va faire de Bordeaux et ses alentours un des centres urbains les plus prospères et importants du royaume de France. Les terres sur lesquelles se situe Boinmadig aujourd’hui servent à la production vinicole et favorisent de manière importante au commerce du vin et par extension à l’enrichissement de la région Aquitaine. Alors que de nombreux intendants se succèdent pour embellir Bordeaux, remplaçant peu à peu les vestiges médiévaux par des majestueux arcs de triomphes et asséchant les faubourgs marécageux et insalubres, les écarts entre riches et pauvres grandissent partout en France. Dans le futur Boinmadig, les ducs et comtes s’enrichissent aveuglement, laissant aux habitants un fort sentiment d’injustice. En 1789, la Révolution Française éclate à Paris. Les nombreuses victoires des barricades font de plus en plus écho en région Aquitaine jusqu’au jour du 12 mai 1789 où les paysans de la région se soulèvent. En une nuit, 5 ducs et 3 comtes sont arrêtés. 4 jours plus tard, une guillotine est installée sur la place publique de l’ancienne ville de Bradure, à 5km de Boinmadig, est les 8 prisonniers sont exécutés. Cette victoire donne aux habitants le premier sentiment de liberté depuis plus de 300 ans d’injustice.

L'Histoire de la ville de Boinmadig

La Première Guerre mondiale à Boinmadig

Le 28 juillet 1914, la Grande Guerre débute. Par le jeu des alliances, l’Allemagne déclare la guerre à la France le 3 août de la même année. En l’espace de 4 ans, la guerre va bouleverser profondément l’Europe et un peu moins de 10 millions de personnes vont perdre la vie. Bordeaux devient pour 3 mois la capitale de la France pour la seconde fois de son histoire. La Présidence de la République s’installe dans le palais de la Préfecture et les ministres dans différents hôtels particuliers. De nouveau, la position stratégique du port de la nouvelle capitale fait de la ville une des bases de ravitaillement militaire mais également alimentaire.

Sur les terres de Boinmadig, les champs de maïs et de blé servent à nourrir toute une région. La production tourne à plein régime, les habitants des environs de la future ville fabriquent principalement du pain, de la farine ou encore des céréales. 

fabrication du pain pendant la guerre mondiale à Boinmadig
Fourneaux à pain de Boinmadig

Des convois de camions partent tous les jours depuis l’atelier de fabrication installé au niveau de l’actuel place de la mairie de Boinmadig pour rejoindre le port de Bordeaux. Les produits finis sont ensuite envoyés par bateau dans le nord-est de la France où les combats sont les plus rudes.

En 1917, l’entrée en guerre des Etats-Unis marque un tournant dans le conflit mondial. Bordeaux devient alors l’un des grands points de rassemblement militaire des troupes alliées. À Boinmadig, une base militaire américaine provisoire est installée permettant le stationnement et la maintenance des tanks de combat. 

Le 11 novembre 1918, la l’armistice met fin à 4 années de guerre et Boinmadig est prête à exister.

12 décembre 1918 : fondation de la ville de Boinmadig

Le 12 décembre 1918, deux amis d’enfance décident de fonder une nouvelle ville : Boinmadig. Jean Boin et Charles Madig ont tous les deux grandi sur les terres de leur future ville. Issus de familles de commerçants, les deux amis effectuent leur scolarité dans une école privée catholique près de Bordeaux. Ils y reçoivent une éducation fondée sur le respect d’autrui et de la nature. Tous les soirs après l’école, ils aident leur famille dans les champs de blé qu’ils possèdent. En 1907, à la mort du père de Charles, ce dernier reprend la propriété des terres familiales et ambitionne de développer une agriculture plus variée. Il remplace la moitié des 73 hectares par du maïs, profitant d’un besoin croissant de la part de la population locale. En 1910, Charles et Jean décident de joindre leur force et de créer un collectif agricole, le “Boinmadig“, contraction de leur deux noms de famille. Cette coentreprise leur permet de commercialiser leurs produits dans toute la France. En l’espace de 2 ans, les deux amis font fortune. Lors de la guerre 14-18, leur coentreprise tourne à plein régime, y voyant à la fois un besoin commercial et patriotique. En 1918, les deux amis reçoivent l’Ordre du Mérite pour leur engagement et leur participation à l’effort de guerre.

Épuisés par la guerre et comprenant le besoin de reconstruction que connaît la France, Jean Boin et Charles Madig décident le 12 décembre 1918 de construire Boinmadig, une ville fondée sur l’espoir, le respect et la paix. Ils transforment 30 des 90 hectares de terres agricoles qu’ils possèdent en terrain constructible. En l’espace de 5 ans, les artisans des environs à qui ils font appel permettent d’ériger une petite ville qui prendra pour nom les noms de famille de ses deux fondateurs philanthropes. Boinmadig possède alors une mairie, un centre ville, des petites boutiques comme des boulangeries, salons de coiffure ou cordonniers. Les bâtiments d’époque sont préservés à l’image du château de Boinmadig. En 1925, une église néo-baroque est construite à la demande de l’archevêque de France. En 1925, la ville possède déjà plus de 2600 habitants, la plupart étant des artisans ayant participé à la construction de la ville mais également des agriculteurs qui ont pu racheter à des prix très compétitifs une partie des terres agricoles restantes de Jean Boin. Ils y font pousser principalement du maïs et un peu de blé pour perpétuer la tradition, donnant à la ville de Boinmadig un emblème aujourd’hui célébre de ville du maïs.

Le souterrain de Boinmadig pendant la deuxième guerre mondiale
Souterrain de Boinmadig

La Seconde Guerre mondiale à Boinmadig

Au fil des années, la petite ville de Boinmadig devient prospère et grandit en taille. En 1939, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, plus de 9 000 personnes y habitent dans le respect et la paix. La ville dispose alors de dizaines de petites restaurants, d’activités culturelles, d’une vie de quartier riche et dynamique ou encore de boutiques pour faire son shopping dans les rues de Boinmadig. Mais les ombres de l’horreur de l’humanité ne sont jamais loin. En Septembre 1939, l’Allemagne nazi envahi la Pologne et met fin à 21 ans de paix en Europe. Rapidement les armées du 3ème Reich rentrent en France et imposent l’armistice signée en juin 1940. La France est alors divisée en 2 : la zone occupée par les troupes allemandes au Nord et à l’Est et la zone dite “libre” au Sud sous l’autorité du Régime de Vichy contrôlé par le Maréchal Pétain. Boinmadig et Bordeaux sont tous les deux dans la zone occupée. Le 18 juin, le Général de Gaulle lance son fameux appel depuis Londres, déclarant le régime autoritaire de Vichy comme “illégitime” et fondant par la même occasion la “France Libre”, un régime de Résistance. Rapidement, des officiers, soldats ou simples citoyens se joignent à la France Libre pour combattre l’ennemi sur ses terres. À Boinmadig, les habitants sont solidaires et participent largement à l’effort de guerre. Comme lors de la Première Guerre mondiale, les fourneaux produisent jour et nuit du pain, de la farine et des céréales à base de maïs et de blé pour nourrir les combattants. Un souterrain est crée en 1941 pour abriter la Résistance et se défendre en cas d’attaque aérienne. Pour motiver les troupes et leur donner un peu de joie, un cinéma provisoire est installé dans le souterrain de Boinmadig à l’aide d’un drap blanc suspendu au mur.

En août 1944, le Général de Gaulle reprend le contrôle de la France, aidé par les troupes américaines après le débarquement sur les plages normandes. Un an plus tard, le 8 mai 1945, l’armistice allemande est signée mettant fin à 6 années de guerre.

2018 : Boinmadig fête ses 100 ans !

Le 12 décembre 2018 marque le 100ème anniversaire de la ville de Boinmadig. Peuplée de plus de 48000 habitants, Boinmadig est une ville dynamique, touristique, jeune et branchée. En 100 ans d’existence, des centaines d’activités ludiques et culturelles ont vu le jour. Mais pour marqué le coup, le Maire de Boinmadig Jacques Hadi fait voter une enveloppe de 100 millions d’euros pour rénover l’entièreté de la ville. Les infrastructures prioritaires sont rénovées, des dizaines de kilomètres de chemins de promenade sont construits, le lycée général et technologique Jean Poulain est agrandi et fait face à un tout nouveau parc. La Rue de la Soif, la fameuse ruelle de Boinmadig où se situent les bars, pubs et cafés de la ville, devient entièrement piétonne et ses dalles en beton sont remplacés par des pavés. 10% du budget est alloué à la culture, avec le financement d’un plan de rénovation de la salle de spectacle d’humour de Boinmadig. Enfin, la ville fait construire un gymnase dans lequel de nombreux sports sont aujourd’hui proposés aux habitants de Boinmadig.

100 ans de Boinmadig
Inauguration des 100 ans de Boinmadig